Nouvelle Lune en Lion du 8 août 2021, avec portail karmique du 8.8

Comme je suis une passionnée (mais pas une spécialiste !) de symbolisme, de contes et de mythologie, je vais profiter de cette richesse et de ces inépuisables ressources de sens pour te partager ce que j’ai compris de l’enjeu d’une Nouvelle Lune, dont le Soleil conjoint, baigne dans l’énergie du Lion.
Quoi de mieux qu’une petite histoire pour mieux comprendre ou donner du sens à notre propre histoire ?

Pour cela, je vais me référer à ce que j’étudie depuis un petit temps; Hercule (ou Heraclès) et ses 12 travaux, et je te parlerai, en particulier, du premier: la capture et le massacre du Lion de Némée.

Eurysthée est roi de l’Argolide, une péninsule de la Grèce, ennemi d’Hercule, il est le commanditaire de ses 12 travaux : des exploits réputés irréalisables !
Pour rappel, c’est à cause d‘un accès de fureur et de folie, provoqué par Héra, sa belle-mère jalouse, que Hercule tue sa première épouse et ses enfants.
Effondré, il consulte la Pythie (l’oracle) qui l’envoie vers son cousin Eurysthée pour expier son crime.

Le roi demande d’abord à Hercule d’aller capturer le lion de Némée qui apparemment, terrorise tout le monde sur son territoire : plus personne n’ose sortir de chez soi !

C’est un prédateur gigantesque qui dévore tout homme qui s’en approche mais impossible de le retrouver car il ne laisse aucune trace sur son passage…

Hercule obéit, se met en route et arrive sur le territoire du lion.
C’est un endroit dévasté, il ne voit voit rien, aucune trace ni personne pour lui indiquer où se cache l’animal.

Finalement, il l’aperçoit derrière un gros arbuste, occupé à avaler une dernière victime.
Hercule vise la bête et tire quelques flèches mais sans aucun succès, il se rend compte que le lion possède un peau invulnérable : rien ne peut la détruire !
Ni l’épée ni la massue d’Hercule n’ont raison du lion qui décide de rentrer dans sa caverne.

Hercule suit le lion et découvre que cette caverne possède deux entrées.
Effectivement, lorsqu’il pénètre la caverne par un trou, le lien sort par un autre et ce manège va durer jusqu’à ce que l’homme décide de s’asseoir et réfléchir.
Il a alors l’idée de boucher une entrée de la caverne avec un filet et entrer de l’autre côté pour rejoindre l’animal à l’intérieur.

Là, très curieusement, Hercule décide de se mettre bien en face du lion mais c’est sans oublier l’invulnérabilité de celui-ci !
Pour l’homme, le combat commence : il se jette à la gorge du prédateur pour l’étouffer.

Dans la bataille, Hercule perd un de ses auriculaires mais parvient à ses fins : le lion meurt dans les bras du héros solaire.

L’histoire raconte qu’une fois ramené devant la porte du palais d’Eurysthée qui ne veut pas s’en approcher, le lion est dépecé par Hercule.
Grâce à une inspiration divine, il prend une des griffes de l’animal, lui tranche la peau et s’en habille.

C’est donc avec cette nouvelle peau d’invulnérabilité qu’il va faire ses onze autres travaux.

Quelle est la nature de ce premier travail qui va ouvrir toutes les autres portes ?
Quelle est la signification de cette première initiation qui va ouvrir les suivantes ?
Que représente cette étape dans notre histoire personnelle d’évolution et dans notre quête de réalisation de l’être ?

Avec le lion, nous sommes invités à nous regarder en face, sans tricher, et à voir à quel point tout ce qu’on appelle le « Moi » et toutes nos réussites personnelles, c’est-à-dire, tout ce qu’on considère comme stable et rayonnant en nous, peut être en fait une grande tromperie.
Se regarder en face, c’est reconnaître que nous ne sommes construits que sur des peurs profondes et que notre personnalité, dans laquelle nous vivons en permanence, nous empêche l’accès à la conscience de l’être essentiel.

Nous sommes notre propre résistance au changement et à la vérité intérieure.
Nous sommes à la fois le gardien et le libérateur de ce qui est enfermé en nous et qui est appelé à sortir.

Cette étape dans la quête de la réalisation de l’être est cruciale, elle est d’ailleurs l’incontournable première porte et épreuve.
Face au lion, nous regardons ce qu’il y a de plus bestial, sauvage et animal en nous.
Nous osons voir ce qui nous pousse à détruire, haïr et trahir notre nature profonde.

Et comme Hercule, nous ne pouvons rien faire d’autre que de l’embrasser afin qu’elle cesse de nous manipuler, de nous tyranniser et d’avoir de l’emprise sur nous.

C’est dans ces moments furtifs où nous nous voyons réellement et que nous nous acceptons pleinement, que l’invulnérabilité est possible.
Plus nous embrassons nos inaccomplis d’âme, nos animaux et notre jungle intérieure et plus un espace de plénitude se crée en nous.
Un espace en soi, un refuge, un foyer dans lequel nous nous sentons aimés, acceptés, accueillis, où il n’y a ni comparaison, ni attentes, ni doute, ni peur.

Dans le schéma corporel, le lion est associé au coeur.
Dans la science initiatique, il s’agit de la chambre mystique du coeur.
Être dans le coeur de son coeur, c’est être en contact avec notre être essentiel.

Ouvrir un peu plus la chambre mystique du coeur chaque année, c’est entrer dans cet espace de conscience où nous n’avons plus besoin du regard de l’autre pour exister et où nous n’avons plus besoin d’être aimés pour développer de la confiance en soi.

Mon expérience de grande névrosée, angoissée et complexée en perpétuelle évolution me fait dire qu’il est primordial de savoir que ce lieu existe en nous.
Il est crucial d’avoir entendu l’appel et d’avoir goûté à cet espace pour pouvoir y revenir en cas de besoin.

Sans cela, toute épreuve est un éternel retour en arrière à la case départ : faire face au Lion pour parvenir au coeur de notre coeur et embrasser l’animal et la lumière que nous sommes.
Nous ne sommes pas destinés à vivre dans ce lieu refuge mais connaître son existence en soi permet la traversée de toutes les épreuves de la vie…

 

Avec des bisous vulnérables et invulnérables, tels notre nature humaine mi-bête et mi-lumière,
Goënaëlle